Débat autour de la loi sur la cybercriminalité et utilisation des médias sociaux au Mali « Il y a beaucoup d’incrimination dans cette loi qui ressemblent aux incriminations existant dans la loi sur la presse », dixit Me Cheick Oumar Konaré

PARTAGER AVEC VOS AMIS


De nos jours, l’émergence des médias sociaux n’est plus un phénomène à cacher. Une tendance mondiale qui, petit à petit sest imposée par ses forces et contenue dinonder lespace médiatique, à travers le monde. Cet espace devenu aujourdhui incontournable dans la diffusion et dans le traitement des informations mérite une certaine régulation pouvant permettre aux acteurs et aux utilisateurs déviter le dérapage. Cest dans cet esprit que notre pays a adopté une Loi sur ce quon appelle la cybercriminalité, la loi n°2019-056. Mais cette loi ne-t-elle pas porteuse des lourdes peines contre les acteurs de ce milieu ? Pour pallier à ce défi, lassociation des blogueurs du Mali(ABM) a organisé une conférence débat, le samedi 11 septembre dernier, à la maison de la presse.
Ils étaient M.Malick Konaté, président de ladite association, M. Abdoulaye Guindo, président de Doniblog, M. Soumaïla Camara, spécialiste en développement des médias, Mme Dia Yayi Sacko, ingénieure et Me Cheick Oumar Konaré, avocat a animé le débat autour des différents thèmes, à savoir la loi sur la cybercriminalité au Mali, lutilisation des médias sociaux et la nouvelle forme de communication.
Les médias sociaux se définissent comme l’ensemble des services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou sur les situations de mobilité. A cet effet, ils sont devenus indispensables à une bonne stratégie marketing, souligne M. Soumaïla Camara, à lentame de sa présentation. Il est évident aujourd’hui que chaque opérateur économique ou chaque personne qui voudrait être mieux connu, qui voudrait avoir une certaine assisse au niveau de son business puisse s’intéresser aux médias sociaux, avance-t-il.
Les médias sociaux sont devenus incontournables à l’ère de la communication digitale. Pour cela, ils sont généralement focalisés sur un certain nombre de points, faut-il le rappeler. Selon M. Camara, il sagit d’abord, le partage des informations, ensuite le réseautage, puis l’envoie des messages entre les individus, dune part, la publication des données des rapports et aussi la collaboration sur les réseaux sociaux, autre part. Ainsi, ce concept fondamental de communauté sur les médias a un impact réel sur le développement humain, en général, sur le développement des individus et leurs business, en particulier, déclare-t-il.
Tout comme les médias traditionnels et ceux dits médias sociaux sont tous régies sur une loi. La loi n°046 du 7 juillet 2000 porte le règlement sur les médias traditionnels. Elle comporte la responsabilité des journalistes et des médias devant la justice, daprès Me Cheick Oumar Konaré. « Cette loi sur la presse fait des faveurs aux journalistes contrairement à ce qu’on pourrait penser », remarque-t-il, par la suite, il indique que la loi sur la liberté de la presse n’inclut pas les médias sociaux dont la venue est récente. En effet, les autorités nont pas longtemps attendu pour sa prise en compte, après l’avènement des réseaux sociaux dans notre pays. Il a fallu adopter une loi dénommée la loi sur la cybercriminalité, la loi n°2019-056. Aujourdhui, des insuffisances de ladite loi se font sentir, comme souligne Me Konaré : « cette loi est parsemée des peines extrêmement lourdes qui vont parfois à 10 ans de prison. Dans cette loi, il y a beaucoup d’incrimination qui ressemblent aux incriminations existantes dans la loi sur la presse, mais ces incriminations sont poursuivies et punies suivant les règles de droits communs. Les risques sont énormes, moins de faveur par rapport aux journalistes »
La situation est donc grave, reconnait Me tout en demandant nécessairement la relecture de cette loi : « je trouve qu’il y a une dérive à laquelle on peut chercher à mettre fin en demandant une relecture de la loi sur la cybercriminalité. Cette relecture est plus que nécessaire. Ladite loi contient beaucoup d’infractions, c’est une loi dictatoriale », explique-t-il.
Pour pallier ces nombreuses dérives sur les médias sociaux ou sur les réseaux, M. Abdoulaye Guindo propose une responsabilisation des utilisateurs du milieu et cela à plusieurs niveaux : « il y a certes la loi sur la cybercriminalité qu’il faut revoir ; il faut aussi régler par les pairs, c’est-à-dire les organisations des blogueurs qui existent, il faut qu’il ait un statut pour les blogueurs pour éviter tout amalgame avec les Facebookeurs, les vidéomans qui sont considérés comme des blogueurs. Si ceux-ci violent le principe cela joue négativement sur le travail des détenteurs des blocs », indique-t-il.
La nouvelle forme de communication est le thème décortiqué par M. Malick Konaté, président de l’association. Faut-il communiquer pour communiquer sur les médias sociaux ? bien-sûr que non. Daprès sa présentation, le choix dune cible est impérativement demandé : «  il faut avoir une cible. Cibler les followers ensuite mesurer l’audience », conseille-t-il, avant dajouter que sur les médias sociaux, il faut une canalisation de sa communauté : « dans la nouvelle forme de communication, il faut nécessairement sélectionner son réseau social. Il faut aussi communiquer en fonction de sa communauté. Il est important de créer le dialogue avec son public, de même augmenter la visibilité sans oublier la collection des données puis souvent de lancer les campagnes », conclu-t-il.

Sitan Koné

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *