Suite à l’affectation arbitraire du secrétaire général du CHU Point G au gouvernorat de Bamako Les personnels soignants des hôpitaux de Gabriel Touré et du Point G en grève ce matin

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L’information a été donnée lors d’une conférence de presse, tenue ce samedi 04 septembre dans l’enceinte du CHU Gabriel Touré, par le syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF), le syndicat autonome des cadres médicaux (SYNACAM), le syndicat national des travailleurs des hôpitaux et des structures sanitaires (SYNATRASS), ainsi que des comités CHU Gabriel Touré, CHU du Point G, CHU hôpital Dermatologique de Bamako. Il s’agit pour ces syndicats de dénoncer l’affectation que ils appellent arbitraire de leur camarade secrétaire général du Point G, à la personne de Dr. Fousseyni Coulibaly, au gouvernorat du district de Bamako. Face à cette situation inégale, ces grévistes ont décidé d’observer une grève de 72 heures à compter de ce matin.
Le présent préavis de grève, déposé par les syndicats du secteur hospitalier de la santé, allant du lundi 06 au mercredi 08 septembre, pour une première étape et reprendra pour une deuxième étape du lundi 13 au jeudi 16 septembre 2021, est principalement motivé par la défense de la liberté syndicale au Mali, expliquent les syndicalistes. C’est en harmonie avec les textes de la république sur la liberté syndicale que ces personnels soignants ont décidé d’agir au secours de leur camarade Coulibaly. Et ils rappellent que la liberté syndicale et le droit de grève sont connus et garantis par la constitution du Mali en son article 20 : « La liberté syndicale est garantie. Les syndicats exercent leurs activités sans contrainte et sans limite autres que celles prévues par la Loi. Ces droits syndicaux ont été réaffirmés pour les fonctionnaires à travers la Loi n°02-053 du 16 décembre 2002 portant statut général des fonctionnaires dans son article 19 »
Affecté à son service le 30 avril dernier, pour le gouvernorat du district de Bamako, cette décision du ministre de la santé à l’égard de Dr. Fousseyni Coulibaly est perçue par ses camarades syndicalistes comme la pire violation de la liberté syndicale : « Depuis un certain temps, les atteintes à la liberté syndicale sont de plus en plus fréquentes et avérées dans des structures relevant du ministère en charge de la santé ». Le cas du secrétaire général du CHU du Points G est une preuve palpable, d’après eux : « le ministère de la santé et du développement social vient de confirmer une fois de plus cette position d’entrave à la liberté syndicale en signant la Décision n° 2021-000523/ MSDS-SG du 30 avril 2021 relative à l’affectation du secrétaire général du comité syndical du CHU du Point G ». De ce fait, cet acte, pour eux, vise à anéantir toutes les initiatives syndicales au sein dudit hôpital : « Cette décision qui a congédié un responsable syndical n’a été prise à dessein que pour anéantir toute ardeur et initiative syndicale dans les comités ou syndicats du pays, en général, celle au niveau de l’hôpital du Point G, en particulier »
Cependant, il est question de défendre la liberté syndicale qui se trouve menacée aujourd’hui, précise, Dr. Loséni Bengaly, secrétaire général du comité Gabriel Touré, avant d’ajouter que cette décision d’aller en grève n’est pas ce qu’ils souhaitent : « Une grève au sein du monde de la santé, c’est avec un cœur serré qu’un responsable syndical propose ou décide d’aller à une grève dans le domaine hospitalier 
« Si nous sommes là, c’est pour réparer une injustice. Une injustice dont notre secrétaire général Fousseyni Coulibaly est victime. Cette injustice si aujourd’hui on ne va pas combattre ça ne va pas se limiter à M. Fousseyni Coulibaly », déclare Dr. Kalifa Coulibaly, membre du comité syndical CHU du Point G, secrétaire chargé aux questions relatives à la formation. Selon ses propos, le problème date de 2018 où une lettre confidentielle adressée par le directeur général du Point G, le 05 mars 2021 demandant l’affectation de Fousseyni à un autre service que de son service qui est de l’hôpital du Point G.
En outre, cette décision, dit-il, est entachée de beaucoup d’inégalité non seulement sur le plan syndical, mais aussi sur le plan administratif : «  L’administration ne doit jamais se mêler des affaires syndicales. Quand on regarde cette décision sur le plan administratif, on verra qu’elle est illégale tant sur la forme que sur la procédure. Aujourd’hui, nous demandons au ministre de revenir sur sa décision à travers l’affectation de Fousseyni à l’hôpital du Point G qui est son service », souhaite-t-il.
Selon Dr. Amadou Maïga du comité du CHU de Gabriel Touré, la place de leur camarade Fousseyni n’est pas au gouvernorat, car : «  Les CHU ne relèvent pas du gouvernorat, mais ce sont les CSCOM, CCRF qui relèvent du gouvernorat », informe-t-il. Donc, ce combat va au-delà de la personne de Fouseyni ; il s’agit du mandat syndical qui doit être respecté, ajouté-t-il.
Sitan Koné

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