Infertilité : les femmes souffrent de la marginalisation

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La bénédiction dans le foyer est le plus souvent synonyme de la venue d’un nouveau bébé. Et pourtant cet idéal est devenu une épine dans les pieds des nouveaux mariés, plus précisément les femmes car très fréquemment ce sont elles qui font les frais de l’absence d’enfants dans le couple. Mais comme disent les physiciens, il n’y a pas d’effets sans cause, nous avons, donc, cherchez à comprendre ce mystère qui mine notre société.
Les femmes en souffrent affreusement. Entre les quolibets des autres femmes de la famille et le mécontentement de la belle-mère, la femme stérile ne sait pas où donner de la tête. Le plus souvent, elle a maille à partir avec la belle-mère qui ne cache pas son désir de trouver une autre épouse pour son fils, capable de lui donner un petit enfant. La guerre de tranchée que la mère du mari lui livre finit par empoisonner l’ambiance familiale.
Frictions dans le couple. Difficile pour l’épouse, déjà accablée par le fait de ne pas pouvoir sauter son enfant sur ses genoux, de résister à cette atmosphère délétère. Et le mari de son côté, qui se montre le plus souvent patient s’il aime son épouse, finit par prêter une oreille attentive aux remarques sans cesse renouveler de sa mère sur le danger de mourir sans avoir des héritiers. De la perte de patience du mari naissent des frictions dans le couple. Un homme sans enfant peut vivre dans la psychose du devoir non accompli de payer une dette à ses parents. Il nourrit le complexe de culpabilité de ne pouvoir assurer la survie de la lignée.
Une femme sans enfant est désignée sous de nombreux vocables en bambara, plus cruels les uns que les autres : « konan mousso » ou « koli mousso » (une femme incapable de procréer), « den wolobali » (une femme qui n’a jamais donné la vie, « borokè » (la grassouillette). Pour échapper au tourment, il y a des femmes qui engloutissent tous leurs biens dans des consultations occultes. Elles deviennent des proies faciles pour les charlatans. Rarement, le succès est au bout de ces médications coûteuses voire dangereuses pour la santé de l’épouse et de son mari.
Selon une victime, « À notre temps, on jugeait qu’un mariage est réussi si la femme sortait de la chambre nuptiale avec une grossesse. Ma femme est restée plus 15 ans sans enfant après notre mariage. Elle était très mal traitée par mes parents et mes sœurs ».
Avoir un enfant relève de la volonté divine et aussi d’une bonne conduite car il y a des actes que l’organisme humain ne tolère absolument pas. Alors, attendons-nous toujours à des répercussions dans l’avenir. Et avant de blâmer qui que ce soit, il est important de chercher d’abord la cause réelle de l’absence d’enfants dans le couple auprès des spécialistes pour éviter des accusations fortuites.
Bréhima Traoré

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